J’aimerais tant pouvoir converser avec elles mais il me faudrait apprendre le hadoti, un des dialectes du Rajasthan. Pourtant au cours de la journée, mon souhait devient réalité et c’est assise en tailleur contemplant la création d’un mandana, que la plus audacieuse des jeunes filles me tend un pinceau végétal et m’indique l’endroit où je dois dessiner. En guise de dialogue, elle signe dans l’espace du bout de son index les contours du motif. Je saisis l’instrument et reproduis tant bien que mal la spirale qui enlace la figure centrale. Des mains bienveillantes aussitôt s’approchent et corrigent la maladresse. Quelle jubilation d’apprendre et de ressentir la force d’un travail collectif.

Région de Bundi

Un jeune garçon ayant compris mon intérêt pour les mandana décide de m’accompagner, il écarte la foule et guide mes pas vers les dessins susceptibles de m’intéresser afin que je les photographie. La journée s’achève dans l’allégresse entre admiration, curiosité et authentique générosité. Je bois du thé dans de nombreuses maisons et déguste quelques pâtisseries confectionnées pour Diwali. Il est temps de repartir mais je sais déjà que je reviendrai voir ces femmes gardiennes des traditions picturales qui écrivent en symboles la destinée villageoise et peignent des diagrammes pour attirer les faveurs des divinités.