Pour cela, elles préparent l’apprêt composé de bouse, d’eau et d’argile auquel elles ajoutent de l’ocre jaune clair ou foncé.

Pour peindre, elles utilisent un tronçon de la nervure d’une feuille de palmier dattier (khajur) lequel, fonctionne comme un réservoir tant il est fibreux. Mon guide me raconte que parfois c’est la pointe d’une tresse de cheveux qui fait office de pinceau. Après quelques jours de séchage, le chaulage est désormais prêt.

Les surfaces verticales et horizontales s’offrent aux incantations graphiques des femmes qui œuvrent le plus souvent à plusieurs. Elles guident le liquide laiteux en une multitude de lignes parallèles cassées, obliques et courbes laissant apparaître l’ocre du sol ou des murs. Le blanc hésite longtemps entre transparence et opacité mais la pâleur diaphane laisse vite place à l’éclat, captant la lumière pour devenir matière. L’ocre texture le blanc en une variété de motifs empruntés à la culture villageoise.

On trouve volontiers durant la période de Diwali : l’épi de millet ou bharadi, les sabots de vache, des lampes à huile, des encriers ou des stylos pour signifier les comptes de fin d’année, des représentations d’une balance et de ses poids afin de favoriser le commerce. D’autres images reflètent les objets indispensables de l’hospitalité comme des sucreries (laddu, jalebi), l’éventail (bijani), le récipient à vermillon (sindhur). Les femmes recréent aussi les objets du quotidien en de multiples variations. Parmi eux, citons le chaupad un damier cruciforme ancêtre du jeu « des petits chevaux », le pot (kalasa) ou les réservoirs d’eau (baoli) du Rajasthan taillés dans les profondeurs du sol à plus de vingt mètres et auxquels on accède par des escaliers vertigineux. Le répertoire iconographique compte des motifs floraux (phulya) de quatre à huit pétales. Une fleur à six pétales (chah phulya) évoque le trône en forme de lotus de la déesse Lakhsmi.