Les padi kolam appelés également kalyana ou kanya kolam sont des diagrammes géométriques composés de lignes parallèles. Deux exemples caractérisent le genre : ceux élaborés autour d’un carré central composé lui-même de lignes parallèles et les compositions circulaires lotiformes ordonnées à partir d’un faisceau de lignes droites émergeant d’un point central. Puis il y a des variantes de l’élément central, on peut commencer le dessin par un hexagone étoilé, un svastika ou des cercles concentriques.

Le carré des padi kolam se confond tantôt avec le plan de base des sanctuaires tamouls tantôt avec celui des bassins sacrés des temples. Les lignes parallèles qui délimitent les contours du kolam évoquent les nombreuses enceintes aux tours d’entrée pyramidales qui enserrent le saint des saints. Lorsqu’il s’agit du réservoir d’eau il en symbolise les marches. En dépit d’une apparence au formalisme excessif, ils ne sont pas sans évoquer les traces de râteau ou les stries silencieuses d’un jardin zen.

Pour agrandir un padi kolam, on ajoute une série de traits parallèles à partir desquels de nouvelles lignes s’inscrivent en filigrane. Sur le pourtour du dessin, lotus, conques ou autres motifs décoratifs parachèvent l’œuvre dans la plus grande liberté. À l’instar des yantra ou des mandala, quatre portes faisant face aux quatre points cardinaux et représentées de manière très stylisée, interdisent l’accès à toute force négative ou destructrice. Le centre d’un kolam à lignes n’est d’ailleurs jamais inoccupé mais marqué d’un ou de plusieurs points, de lignes diagonales, des motifs du soleil et de la lune, d’un pentagone ou d’un hexagone étoilé.

Durant le festival de Panguni à Mylapore (un quartier traditionnel de Chennai), les femmes dessinent pour accueillir les chars portant les divinités du temple de Kapaleeswarar. Ce sanctuaire est dédié à Shiva qui est vénéré à travers les hymnes du Tevaram composé par les poètes shivaïtes Nayanar. De nombreuses femmes du quartier sont des brahmanes shivaïtes et le padi kolam témoigne de leur appartenance à ce courant religieux.