Dictons, devinettes et proverbes

Les devinettes constituent un genre littéraire très prisé des Tamouls non seulement pour leur richesse linguistique (allitérations, rimes etc.) mais aussi pour leur sens poétique et humoristique. Dieter B. Kapp a dressé un inventaire de métaphores relatif aux kolam et précise qu’elles sont intégrées à des devinettes, dictons et proverbes. Publiées sous forme de livrets, ils explorent toutes les facettes de la culture tamoule et les images associées aux tracés éphémères sont très variées.

On trouve pêle-mêle : des fleurs posées, un beau jardin de fleurs, des perles semées, une image peinte, un tapis brodé de motifs floraux, un tapis déplié, de beaux chariots de temple. Les kolam sont assimilés à des personnes du sexe féminin : une femme assise majestueusement sur le seuil d’une maison, l’amie des jolies filles, une épouse fortunée, une femme courbée, tordue. Quelquefois ils sont de sexe masculin comme le « pourvoyeur d’éclat », « établir un record lors d’un concours ». D’autres images mettent l’accent sur les qualificatifs comme : fleuri, de couleur blanche, coloré, grimpant, « possédant des queues » (lignes courbes), enchanteur, attirant, créés par les mains, tissé.

Devant l’entrée de la maison, une femme fortunée s’épanouit.

Des perles semées par ma grande sœur, Des perles que l’on ne peut ramasser.

Cuppiramaniyan¸ 31980, n°11; Cankaran¸41989, n°35 et  n° 281 Muttaiyâ 31991, n°2.

Il fleurit chaque jour, et charme tout un chacun.

Cuppiramaniyan¸ ³1980, n°184; Muttaiya ³1991, n°58; Canpakavalli 1998, n°578.

Les mains les engendrent, les pieds les effacent
Il fleurit matin et soir ; pourtant ce n’est pas une fleur. Les passants le piétinent, pourtant ce ne sont pas des sandales. Il est sinueux et colorié, pourtant ce n’est pas une peinture. Des jeunes filles le tissent pourtant ce n’est pas une tresse.

Cuppiramaniyan 1980, N°1052

Ma jolie jeune sœur sur le seuil de la maison, dessina des fleurs sur le sol tout en chantant. Là, fleurissait la beauté d'un jardin d’agrément, et sur son visage, fleurissait un sourire.

Tamilvânam  1991, n°277

J’ai déroulé un petit tapis, mais je ne peux pas le ramasser.
En se dispersant, il offre aux autres son éclat.
Chaque jour du mois de Margazhi, (mi-décembre, mi-janvier), des femmes dessinent ces images, des jeunes filles les contemplent avec curiosité.
Dès l’aube qui a pu accomplir cette tâche ? Juste devant la maison de ma Belle-Promise, file un magnifique char. Personne pour bien conduire ce char. Au crépuscule sur ce beau char, monte mon Bel-Amour, se met à resplendir le beau char.

Valittunairâman,1993, n°849.

Elle est toute en courbes et sinueuse, elle a le teint blanc, elle est assise majestueusement devant l’entrée de la maison, elle captive les passants.
On dit qu’en ce jour elle a mis de la couleur blanche, on dit qu’elle s’assied sur le seuil de la maison, on dit qu’elle est l’amie des jolies filles, on dit qu’elle attire tous ceux qui la regardent.

Merci à Dieter B. Kapp pour l'article et la traduction en allemand.  Kolam als Rätselmotiv In: New Kolam, vol. 5-6, Singapore: NUS. 2000.

Merci à Murugaiyan Appasamy, spécialiste de l’épigraphie tamoule à l’École Pratique des Hautes Études pour son amitié, ses encouragements et sa traduction des versets, des dictons et des devinettes tamouls.