Dans la tradition hindoue, les maisons ont tous un autel devant lequel on accomplit les rites et offrandes en l’honneur des divinités. L’autel devant lequel on accomplit les rites comporte une ou plusieurs statues ou images qui représentent le dieu ou la déesse de prédilection de la famille.

Une fois franchi le seuil de la maison, un réseau subtil se met en place fait d’invites récurrentes, d’hommages reconduits et de signes permanents. L’appel à la bénévolence et à la prospérité se tisse patiemment jour après jour. Dans le même temps il faut des charmes efficaces pour déjouer les éléments malveillants qui viendraient perturber le fragile équilibre du foyer. On multiplie les suppliques à diverses divinités afin d’accroître les bénédictions, mais celle qui préside au quotidien des imagières est la belle Lakshmi, épouse de Vishnou.

Extrait de « Voyage dans l’imaginaire Indien, Kôlam, dessins éphémères des femmes tamoules » Editions Geuthner.

Lakshmi, une déesse domestique.

La déesse Lakshmi avec tous ses attributs, réside à jamais dans une maison
que l’application de bouse de vache (sur le sol) et de dessins (de poudre) de bon augure ont rendu magnifique.

Stridharmapaddhati by Tryambakayajvan

Lakshmi épouse de Vishnou, incarne l’épanouissement en ce monde, à savoir la Beauté, l’Abondance, la Prospérité et le Bonheur conjugal. L’image de Lakshmi la plus populaire la représente assise ou debout sur un lotus et tenant cette même fleur dans chaque main et flanquée de deux éléphants déversant sur elle des pièces d’or. parfois elle est assise aux pieds de son époux.

C'est l’aspect bénévolent de Sri ou de la déesse que les femmes tamoules honorent dans leur foyer. Elles lui adressent quotidiennement prières et louanges afin qu'elle écarte du foyer familial la maladie, la pauvreté et l'infortune. La déesse née de "l’Océan de lait" réside sur le seuil de la maison et chaque vendredi on marque l'encadrement avec de la pâte de curcuma, suivie d'une marque de kumkumam .

Dans les kolam, elle est symbolisée le plus souvent par un lotus. Sa forme épanouie et ses nombreux pétales se prêtent à des représentations tantôt figuratives tantôt stylisées. Dans l’oratoire de la cuisine, la déesse Lakshmi est honorée avec encore plus de ferveur le vendredi avec le kolam appelé Aiswaria kolam ou kolam d’abondance.

Les objets cultuels et plus particulièrement les lampes à huile sont posées sur un kolam appelé Hridayakamalam (le lotus du cœur).

Kolam Hridayakamalam (le lotus du cœur).

Certaines femmes impriment au moyen d'une boîte perforée des lotus stylisés. Elle répète également des dessins de fleurs. Pour chaque fleur appliquée, elle récite en tamoul ou en sanskrit des versets dédiés à Lakshmi ou à d'autres divinités.

Répéter les graphes comme on récite un chapelet