Les kolam composés d’une ligne continue ou de plusieurs lignes s’appellent sikku kolam et n’existent à ma connaissance qu’au Tamil-Nadu. Ils se distinguent des autres kolam à points par l’enchevêtrement de leurs lignes. Certaines croyances locales voient dans ces lignes ininterrompues des charmes redoutables contre les puissances maléfiques ou le mauvais œil. Des sculptures composées d’une ligne unique et continue qui se croise et s’entrecroise ou de plusieurs lignes continues, entrelacées de manière complexe sont des thèmes récurrents dans les temples.

Points de rencontre des lignes entrelacées sont les nœuds. Lors de certains rites en Inde, on entoure l’aire sacrificielle ou des objets votifs d’une ou plusieurs cordes afin d’empêcher l’entrée des mauvaises influences. Les acteurs et danseurs professionnels portent presque en permanence un talisman composé de plusieurs fils noués à intervalles réguliers pour se protéger du mauvais œil. Symboles ambivalents, les nœuds représentent tantôt la contrainte, les complications, tantôt l’union de deux êtres, un lien social ou encore un lien cosmique.

Le répertoire comprend des kolam figurant des ornements pour le nez, des anneaux de bras, des couronnes, des sièges ou des trônes des objets cultuels comme des aspersoirs d’eau de rose, des vases, des pots à libation avec du beurre fondu et des lampes à huile. Nous trouvons aussi des représentations de palanquins, de chars solaires, de berceaux suspendus et des temples.

Appelés également neli kolam ou kambi kolam, ces dessins tout en courbes et en spirales instaurent une rythmique par la répétition d’un même graphe et font l’admiration des passants car ils sont, pour les plus complexes, difficiles à mémoriser.